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Prises de parole d’EngageX et de son fondateur

ODD et entreprises : 58,2 sur 100. Encourageant — ou inquiétant ?

À quatre ans de l'échéance de l'Agenda 2030, le Pacte mondial de l'ONU vient de publier la deuxième édition de son Baromètre européen des ODD. 5 793 entreprises adhérentes dans 21 pays européens. 136 points de données. Un score global de contribution de 58,2 sur 100. Ce chiffre dit deux choses à la fois : les entreprises bougent. Et ce n'est pas encore suffisant.

Baromètre européen des ODD 2026

Ce que le baromètre mesure — et ce qu'il révèle

Précision utile d'emblée : ce baromètre ne mesure pas toutes les entreprises européennes. Il mesure les entreprises volontairement engagées dans le Pacte mondial de l'ONU — c'est-à-dire, par définition, celles qui ont déjà fait le choix de s'inscrire dans une démarche de responsabilité. Ce sont donc les mieux placées pour contribuer aux ODD.

Et pourtant, leur score moyen est de 58,2 sur 100.

Ce chiffre devrait interpeller bien au-delà du cercle des signataires du Pacte mondial. Si les entreprises les plus engagées plafonnent à 58 %, que dire du reste du tissu économique ? Ce baromètre est un miroir tendu à l'ensemble des entreprises — quelle que soit leur taille, leur secteur, leur niveau de maturité sur ces sujets.

Ce qui avance — et c'est réel

Ne cédons pas au catastrophisme : il y a des avancées tangibles, et il serait malhonnête de les ignorer.

Les entreprises européennes contribuent significativement aux ODD liés à la santé (ODD 3, score de 73,6), à la réduction des inégalités et à la lutte contre la corruption (ODD 16, score de 67,0). Les enjeux sociaux — droits au travail, égalité, inclusion — sont mieux intégrés que les enjeux environnementaux. En France, les entreprises adhérentes obtiennent même 64,8 sur l'égalité des genres (ODD 5), les plaçant au 2e rang européen.

C'est une bonne nouvelle. Elle dit que les réglementations sociales plus anciennes en Europe ont produit des effets, que les entreprises ont intégré ces enjeux et qu'ils font désormais partie du fonctionnement ordinaire.

Ce qui reste à faire — et c'est là que ça se complique

Le vrai problème se lit dans les écarts entre les ODD. Et ils sont vertigineux.

L'ODD 13 — Action climatique — obtient un score de 45,8. C'est le score le plus bas de l'étude, et c'est précisément sur le sujet le plus urgent. 70 % des entreprises européennes répondantes ont une politique d'engagement sur le climat. Mais moins de 30 % disposent d'objectifs validés de réduction de leurs émissions de GES. L'intention ne manque pas. L'opérationnalisation, si.

L'ODD 17 — Partenariats pour la réalisation des objectifs — affiche un score de 22,1. Les partenariats multipartites et public-privé restent marginaux. Pourtant, personne ne transformera seul son modèle d'affaires à la hauteur des enjeux. La coopération n'est pas une option : c'est une condition.

Autre signal d'alarme : parmi les entreprises ayant pris des mesures sociales, seule la moitié a mesuré ses progrès. Et moins de 40 % proposent à leurs salariés des formations sur les enjeux sociaux et environnementaux. Ce que l'on ne mesure pas, on ne le pilote pas. Ce qu'on ne forme pas, on ne le transforme pas.

En France, les marges de progrès sont également nettes sur la biodiversité (ODD 15, score de 49,5, soit 6 points sous la moyenne européenne) et sur l'innovation industrielle (ODD 9, score de 58,7, soit 7,2 points sous la moyenne). Ce n'est pas anodin pour un pays dont 60 % des adhérents au Pacte mondial opèrent dans le tertiaire.

Le vrai défi : passer des politiques aux actes

Le baromètre pose un diagnostic que je retrouve régulièrement dans mon travail avec les équipes marketing et les directions d'entreprise : la plupart ont désormais des politiques d'engagement. Très peu ont traduit ces politiques en actions opérationnelles mesurables.

C'est le fossé classique entre la déclaration d'intention et la transformation réelle. Et ce fossé ne se comble pas avec un rapport RSE de plus. Il se comble en faisant de la durabilité un levier de stratégie d'entreprise — pas une case à cocher pour la conformité réglementaire.

Le baromètre formule d'ailleurs quatre recommandations claires : mesurer systématiquement les progrès, faire de l'adaptation climatique une priorité pour tous les secteurs, s'engager dans des partenariats multipartites, et former l'ensemble des collaborateurs et fournisseurs aux enjeux de durabilité.

Ce que ce baromètre dit à votre entreprise

Vous n'êtes pas signataire du Pacte mondial ? Ce baromètre vous concerne quand même. Il dessine le paysage dans lequel vos clients, vos partenaires, vos talents et vos financeurs évoluent. Il dit où se situent les attentes. Et il dit, chiffres à l'appui, que l'écart entre les entreprises qui agissent vraiment et celles qui s'en tiennent aux déclarations va continuer de se creuser.

La question n'est plus de savoir si votre entreprise doit s'engager sur les enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux. Elle est de savoir à quelle vitesse — et avec quelle méthode.

Vous souhaitez passer de l'intention à l'action ?

C'est précisément le travail d'EngageX : aider les directions générales, ainsi que les équipes marketing et communication à transformer la durabilité en levier de création de valeur — pas en contrainte subie.

Bertrand Espitalier