Consommation responsable : le recul apparent qui cache une recomposition profonde
Observatoire de la Consommation Responsable 2026 : ce que les chiffres nous disent vraiment
En 2026, L’ObSoCo et Citéo publient la troisième vague de leur Observatoire de la Consommation Responsable. Le résultat est sans détour : la consommation raisonnée marque le pas. Et pourtant, le tableau est bien plus complexe qu’un simple recul.
Moins de consommation responsable, mais moins de consommation tout court
L’auto-évaluation des Français sur leur intégration des critères environnementaux dans leurs achats est en baisse par rapport à 2022 (entre 38 % et 50 % selon les tranches d’âge, contre 47 % à 56 % trois ans plus tôt). Pour les critères sociaux, le constat est similaire : seuls 38 % déclarent les prendre en compte de façon importante. Mais ce recul ne signifie pas un retour au “consommer plus”. Il s’accompagne d’une tendance forte : la prise de distance vis-à-vis de la consommation. Les Français achètent moins, réfléchissent davantage à leurs achats, et rejettent massivement le gaspillage.
Le prix reste roi, mais perd du terrain
Dans les critères d’achat alimentaires, le prix demeure en tête (61 %), mais il recule de 12 points par rapport à 2022. À l’inverse, la sécurité du produit (49 %, +5 pts) et les conditions de rémunération des producteurs (27 %, +5 pts) progressent. Sur les produits non alimentaires, la durée de vie fait une percée remarquable (+8 pts, 60 %), signe que la recherche de durabilité s’installe dans les arbitrages d’achat.
La seconde main, un réflexe qui s’ancre
58 % des Français ont acheté au moins un produit d’occasion au cours des 12 derniers mois — vêtements en tête (28 %), suivis des livres (22 %) et des jeux/jouets (15 %). L’argument environnemental est le deuxième motif d’achat d’occasion (78 % le citent comme important), juste derrière l’économie réalisée (84 %).
Les entreprises : toujours dans le collimateur
57 % des Français jugent les entreprises insuffisamment impliquées dans la transition vers une consommation plus responsable. Et quand une grande enseigne communique sur ses engagements environnementaux, 47 % y voient “de belles paroles” sans changement réel — c’est-à-dire de l’écoblanchiment (greenwashing). Une proportion en légère baisse depuis 2020 (50 %), mais encore majoritaire.
Ce que cela change pour les marques
La pression budgétaire est réelle et pousse vers les enseignes discount. Mais elle coexiste avec une attente croissante de qualité, de durabilité et de transparence. Les marques qui réussiront à combiner bénéfice individuel et bénéfice collectif — en rendant le choix responsable accessible et simple — sont celles qui capteront les consommateurs de demain.
Source : L’ObSoCo / Citéo, Observatoire de la Consommation Responsable, vague 3, 2026