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Prises de parole d’EngageX et de son fondateur

Les responsables RSE tiennent bon. Mais jusqu’à quand ?

500 professionnels de la RSE ont répondu au Baromètre de la Mobilisation RSE 2026, co-produit par WeCount, Bpifrance et Hability. Leur profil est significatif : 40 % travaillent en PME, 47 % en ETI, 13 % dans des grands groupes. 72 % occupent un poste RSE dédié. Et ce qu’ils racontent mérite qu’on s’y attarde.

Une mobilisation qui résiste, mais sous tension

Premier constat : les professionnels interrogés tiennent. 52 % se déclarent motivés ou très motivés. La direction, les équipes et les parties prenantes externes sont perçues comme de plus en plus engagées (respectivement 74 %, 78 % et 83 % des répondants constatent une mobilisation stable ou en hausse sur 12 mois).

Ce serait rassurant si d’autres données n’éclairaient pas un tableau moins flatteur : 48 % ne se déclarent pas franchement motivés. 27 % des responsables RSE se sentent peu soutenus par leur direction. Et 27 % également font face à une baisse de leur budget. Dans le commerce et la distribution, cette proportion atteint 48 %.

Les principaux freins cités sont le contexte économique (46 %), le manque de temps (34 %), et l’absence de démonstration de retour sur investissement (29 %). L’instabilité réglementaire, notamment avec la révision de la CSRD, aggrave un sentiment de perte d’élan chez ceux qui viennent de sortir du périmètre.

Baromètre de la Mobilisation RSE 2026

Ce qui fait tenir : le sens, les avancées concrètes, et le soutien de la direction

La corrélation est frappante : 67 % des professionnels qui se sentent soutenus par leur direction déclarent être satisfaits de leur impact, contre 20 % chez ceux qui ne le sont pas. Le soutien de la hiérarchie n’est pas un détail organisationnel. C’est un multiplicateur d’efficacité.

Les moteurs de mobilisation cités en premier ? Les attentes des clients et du marché (54 %), l’implication de la direction (40 %), la réglementation (37 %), et les projets concrets (34 %). Ce que dit ce classement : les responsables RSE ont besoin de signaux extérieurs ET de soutien interne pour avancer.

Ce que les chantiers prioritaires révèlent

Sur les 12 derniers mois, les professionnels RSE ont surtout travaillé sur le bilan carbone (60 %), le reporting extra-financier (48 %) et les labels et notations (46 %). Ce sont des chantiers importants. Mais un angle mort saute aux yeux : l’adaptation au changement climatique n’a été engagée que par 2 % des répondants. L’adaptation du business model, par 1 %.

L’urgence réglementaire et la pression du reporting ont capté l’essentiel de l’énergie disponible. Pendant ce temps, la question de fond - comment transformer le modèle d’affaires pour faire face aux impacts climatiques réels - reste en friche pour la quasi-totalité des entreprises représentées.

Ce que ça change pour les directions d’entreprise

Le message de ce baromètre n’est pas que la RSE recule. C’est qu’elle se retrouve dans une position inconfortable : elle est attendue sur des sujets de plus en plus complexes, avec des budgets qui stagnent ou baissent, et une charge administrative qui ne cesse de croître.

Pour les directions, c’est une invitation à clarifier leur rôle. Pas simplement valider un rapport de durabilité, mais arbitrer, financer, et porter un cap stratégique. La satisfaction de l’équipe RSE - et son efficacité - en dépend directement.

Source : Baromètre Mobilisation RSE 2026, WeCount / Bpifrance / Hability. Enquête en ligne, mai-juillet 2026, n=500 professionnels RSE (PME, ETI, grands groupes). Résultats non statistiquement représentatifs de l’ensemble des responsables RSE en France.


Bertrand Espitalier